Il arrive cependant qu’ils jouent

jeu, 22/11/2018 - 14:19 -- Nicolas-O

Ils jouent aux dés avec un Suisse, qui leur soutient qu’il est sympa leur jeu, mais quand même ça vaut pas un Perudo. Parce que c’est que de la chance votre truc, alors que ce qui est bien, c’est quand même d’avoir un certain pouvoir d’action… Ceci étant dit, il en a quand même redemandé à quatre fois du jeu sympa mais pas trop.

Ils jouent au Okey avec des Turcs. À force d’en voir jouer à tous les cafés, forcément, on est tentés. Et on est d’accord, c’est pas pratique, le «okey », comme nom. Que voulez-vous. On fait moins les malins quand on sait que « Rummicub », c’était pas son premier nom. On apprend également qu’une manière très populaire de jouer n’a que peu à voir avec celle connue dans nos contrées et davantage de points communs avec le rami (rummy… rami… vous l’avez?). On apprend surtout, surtout, que tout jeu se fait avec pertes et fracas. Enfin plus précisément avec thé à l’orange et fracas. Et quand on dit thé à l’orange, on veut dire jus d’orange chaud. Pas la peine de poser la question, retenez seulement que tous les joueurs de Okey publics jouent avec un jus d’orange chaud qu’ils appellent pompeusement thé à l’orange. Point. Et avec fracas, donc. Oubliez vos manières discrètes et mesurées, et faites en sorte de jouer correctement, à savoir en tapant vos tuiles sur leurs semblables, ainsi que sur la table. Plus on tape, plus on gagne (statistiquement prouvé, promis). Sauf quand vous jouez tout seul dans bus en version digitale. Ne passez pas pour un idiot total en disant que c’est ce qu’ils vous ont recommandé de faire.

Regardez le tavla (backgammon, pour ceux qui n’ont pas Game Translate sous la main). Là aussi, il est inutile de jouer si vos pions ne s’entrechoquent pas. Sans cela, il ne se passe rien, vous pouvez en oublier l’idée. Oubliez aussi l’idée d’apprendre à jouer avec deux Turcs qui jouent une partie devant vous en vous « expliquant » si vous ne maîtrisez pas déjà les règles (ne lui dites pas que ses propos se contredisent, elle serait vexée. De fait, elle ne fait que rapporter la plus pure vérité.)

Ils jouent à Rythms & Bullets avec de musiciens, bien entendu. Après avoir mis un orteil dans le monde des chants traditionnels turcs en jouant le chœur (yaa-i-lala-yaa-i-lala), ils se devaient de les amener dans leur monde à eux. Et force fut de constater que la psychomotricité, c’est pas gagné tous les jours (ou plutôt tous les soirs).

Ils jouent aux dés encore, entre deux chocolats chauds, une infusion et un thé, sous le regard intrigué des serveurs. Ils jouent au Dobble dans toutes les langues, bien entendu, et se font rappeler à l’ordre par le reste du café qui aimerait bien avoir un peu la paix. Mais ce n’est certes pas si facile lorsque les joueurs font de leur mieux pour tricher au vu et au su de tous.

Et puis elle joue à salade de cafards en arabe, bien sûr, et le plus compliqué n’est pas pour elle. Car ce n’est pas de retenir les mots, c’est de faire en sorte que tous ces Yéménites se mettent d’accord pour savoir quel mot ils choisissent pour désigner un poivron, une salade. Il est dit qu’on ne doive pas froisser l’un ou l’autre dialecte. (vous le saviez, qu’en arabe également on parle de « fleur » pour un chou-fleur?)

 

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