* Les départs (Belgique - κρήτη - Κύπρος/ Kıbrıs - Türkiye) *

lun, 03/12/2018 - 09:52 -- Let's Play

(On continue à vous le dire, et vous continuez à lire des aventures qui sont probablement totalement follement fictives)

Partir de Bruxelles, ça signifiait beaucoup trop de choses à la fois. La fin d’une époque, le laisser les amis sur le côté, se séparer de sa famille, faire le deuil d’accompagner à chaque pas ce projet qui fait battre son cœur ludique, l’excitation de démarrer quelque chose de nouveau, l’appréhension de n’avoir rien oublié (aha), d’avoir moins de zéro idée de ce qui l’attendait, et toutes ses préconceptions qui se battaient entre ses deux oreilles.

Partir d’Héraklion, c’était savoir qu’elle y repasserait dans si peu de temps. C’était se tenir pour la première fois à un rond-point avec lui, et leur petit écriteau soigneusement écrit en alphabet grec, invitant les conducteurs à les propulser jusqu’à Rethymnon (avec un peu de triche, leur destination étant en réalité Xania).

Partir de Xania, c’était un soulagement après la ville peuplée d’amateurs de terrasses au bord de mer, de glaces et de balades les uns à la suite des autres. C’était l’envie de découvrir les gorges de Samaria conseillées pour leur nature luxuriante (comment on dit luxuriante sous 30°C?).

Partir de Agia Roumeli, c’était redécouvrir la traversée en bateau, le bruit des moteurs, le paysage qui défile à un rythme tout autre. La mer et le ciel d’un bleu ininterrompu, les voisins qui se tartinent de crème.

Partir de Kamilari, c’était quitter les amis, pour pas longtemps mais pour de vrai quand même, comme un premier goût. C’était avoir une idée plus ou moins précise de là où ils allaient arriver. C’était repartir en selle après une semaine sur un tempo différent.

Partir de Vagionia, c’était hésiter sur la route, ne pas être sûrs de ce qu’ils allaient trouver, de ce qu’ils cherchaient, de ce qu’ils espéraient. C’était quitter le meilleur petit déjeuner du monde, aussi, et la découverte des œufs brouillés à la crétoise (allez-y, ajoutez feta, poivrons, tomates et oignons et goûtez).

Partir de Hersonissos, c’était faire un tout petit pas à côté. Toujours peu sûrs de leur direction, toujours baladés par les éléments, mais toujours philosophes et attendant le meilleur.

Partir de Kokkini Hani, c’était bien trop facile en vérité, pour revenir à leur premier point de départ (enfin, le deuxième plus exactement). A peine le temps de lever le pouce, et déjà embarqués. A la fois heureux de retrouver les copains et impatients de démarrer une nouvelle étape.

Partir définitivement d’Héraklion, c’était rapide. A peine le temps d’un au revoir, le temps d’un bus jusqu’à l’aéroport, le temps de réaliser, de s’installer, et ils étaient en route. Le temps de quelques heures de sommeil à l’aéroport d’Athènes, et ils s’apprêtaient à découvrir Chypre.

Partir de Paphos une première fois, c’était se méprendre sur le meilleur endroit où faire du stop, y passer une heure, et faire presque demi-tour pour une longue petite heure de marche. C’était de nouveau y attendre jusqu’à presque perdre espoir (vous la connaissez, l’histoire de ceux qui se décrètent comme définitivement perdus), plusieurs fois, à plusieurs étapes, mais au final réussir à se frayer un chemin jusqu’en Chypre du Nord.

Partir de Girne la première fois, c’était se séparer enfin de la peur de mourir au moins 465 fois, coincés dans une antichambre de boîte de nuit lancée à vive allure dans le poulailler des Karpaz. Mais aussi partir le cœur léger en sachant que des amis les attendaient au retour, prêts jusqu’aux dents à jouer.

Partir de Paphos une deuxième fois, c’était avoir des sueurs froides quand à la possibilité de pouvoir le faire. C’était prendre un bus pour Lemesos, se tromper d’arrêt de correspondance, ne pas trouver de taxi, partir pour 45 minutes à pied, rater bien sûr le premier bus, faire de son mieux pour trouver l’arrêt (entourés d’autant d’autres visiteurs tout aussi perdus), patienter encore, ne pas laisser le douter s’installer, et enfin être sûrs d’aller dans la bonne direction.

Partir de Larnaca, c’était se faire déposer une première fois sur le bord de la voie rapide, et ensuite reconnaître les alentours de Lefkosa. Traverser une nouvelle fois le checkpoint, chercher après un certain mur graffé par leur hôte à Girne, et se poster à nouveau tandis que passent une multitude de minibus prêts à les embarquer pour pas cher, pas cher.

Partir pour de bon de Girne, c’était se faire accompagner jusqu’au bout par les nouveaux amis, au moment où tout le monde s’assurent qu’ils ont tous une maison là où se trouvent les autres. C’était passer un contrôle de douanes assez particulier, mais également très respectueux, c’était avoir peur que le multi-couteau soit refoulé (il s’en sortira haut la main), et se diriger vers un énorme bateau où deux banquettes leur serviront de literie.

Partir de Mersin, c’était répondre à une impulsion de reprendre le contrôle après quelques jours à s’être faits baladés par un hôte certes très sympathique, mais également très absent et peu enclin à leur partager les plans qu’il faisait pour eux.

Partir de Konya, c’était laisser de côté quelques jours à se nourrir de peu de soufisme et de beaucoup de restaurants sur le pouce. C’était se diriger vers un but, vers cet homme qui construit des bateaux sur une île. C’était passer une nuit dans le bus et tenter de s’y assoupir quelques heures.

Partir de Cunda, c’était un peu précipité. Comme leur hôte leur annonçant qu’il devait amener ses parents à Istanbul le matin même, et qu’il aurait à y rester une semaine. Comme leur hôte leur demandant s’ils n’avaient pas un autre endroit où ils pouvaient loger (vous avez une idée de la réponse?). C’était faire ses affaires en moins de deux (vous les félicitez aussi de leur peu de matériel ?) et être prêts à partir, quelque peu nerveux mais confiants. Réserver en deux mouvements un lit à l’arriver, et sauter dans la voiture en direction de la gare. Se saluer le plus chaleureusement possible en gardant à l’esprit qu’il leur restait cinq minutes pour acheter des tickets et monter dans le bus.

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