Quand le bât ne blesse pas

dim, 17/03/2019 - 20:19 -- Let's Play

Je prends le train avec mon fils de vingt ans. Je n’ai pas prévu le jeu en fonction de lui, mais il s’avère qu’Othello est pour nous lié à nos vacances à la mer, quand il était enfant. L’exemplaire resté à Hardelot est au bout de sa vie. Le tapis de feutre est passé du vert sombre au jaune, les jetons perdus ont été remplacées par des rondelles de bouchons noircis au marqueur.

Ce nouvel exemplaire de voyage est trop petit pour nos doigts d’adultes.

Entre Tournai et Enghien, nous nous traitons pour rire de tricheurs, quand il joue pendant que je prends la photo ou parce que nos gros doigts cachent nos actions. Quand le jeu devient tendu, chaque fois qu’il déplace un jeton, il dit « C’est là que le bas blesse ». Et nous nous voyons, menant la vie de château, chaussures à talons et bas blancs fixés par des rubans trop serrés…"Diantre, le jeu est serré…Quel sera le prochain coup bas ? "

Non, sous le soleil, nous ne nous imaginons pas mulets, pataugeant dans la boue, portant bâts blessants et lourdes charges.  

Après la partie nous nous lançons dans des divagations ludosophiques. Comment définir le jeu ? Peut-on parler de jeux dans les relations amoureuses? Finalement, nous nous mettons d’accord sur deux points : le plaisir et la distanciation par rapport à l’acte que l’on pose.