Un nombre incalculable de portières (Crète/ Chypre)

sam, 10/11/2018 - 12:09 -- Nicolas-O

(Votre attention s'il vous plait. Vous continuez à lire un récit inspiré par une certaine réalité encore à prouver)

Pietro, de Lemessos a Lefkosa, leur dit qu'en tant que chrétien, il espère qu'en les faisant monter dans sa camionnette de fonction (qui n'assure pas les voyageurs sur le pouce), un jour, s'il se retrouve dans la même situation qu'eux, quelqu'un fera la même chose. Pietro qu'ils ont d'ailleurs été à moins de deux doigts de manquer. Deux minutes auparavant, il hissait le drapeau blanc, las et prêt à passer la nuit à Lemessos. Ils avaient ressorti la pancarte qu'elle avait glorieusement déchiré en deux en la troquant contre celle de Lefkosa un quart d'heure plus tôt. Pietro était passé et, l'air désolé, leur avait lancé sa destination. Avec un temps de réaction digne des meilleurs athlètes, elle l'avait happé et demandé confirmation.

Du rocher d'Aphrodite aux environs de Lemessos, les Polonais leur avaient parlé d'aurores boréales en Norvège, et avaient insisté pour prendre une photo avec eux avant qu'ils ne s'en aillent. Ils étaient arrivés au rocher d'Aphrodite en écoutant les histoires d'un expatrié anglais qui les assurait que Chypre était l'île la plus sécurisée au monde, du à la présence des services secrets d’à peu près tout le monde. Une île qui croûlait également sous les vestiges historiques dans l'indifférence presque totale des Chypriotes.

De Polis, un Chypriote haut en couleurs les avait déposé à une intersection stratégique de manière à ce que toutes les voitures qu'ils croisent par la suite aillent dans leur direction. "S'ils ne vous prennent pas, ils seront obligés de se sentir coupables."

À peine débarqués à Coral Bay, un petit vieux leur avait proposé de les montrer jusqu'à Kathikas, en plein dans les montagnes. Il parlait très peu anglais, et son petit grec n'était pas suffisant. Ils avaient donc tranquillement fait la route en silence. Un petit quart d'heure après les avoir déposés sur le côté, ils le virent réapparaître, déterminé à les emmener jusque Polis, en expliquant que le samedi, il y avait moins de voitures sur la route.

De Paphos, elle allait bien à Geroskipou, et remarqua bien vite lorsqu'il pensa, suivant leur avancée sur le navigateur, qu'ils ne se dirigeaient pas dans la bonne direction. Mêlant petit grec et petit anglais, ils réussissent à faire comprendre qu'ils se rendaient à une ferme. Première surprise. Elle les laissera deux fois en plan, emportant leur téléphone, afin de trouver de l'aide dans un commerce. Lorsqu'ils se décident à sortir de la voiture, quelque peu gênés à l'idée de lui faire perdre temps et énergie, elle les force à remonter avec un autoritaire "ça y est, j'ai compris !" Une fois sur la bonne route, ils l'arrêtent au lieu-dit. "Ici ? Oui oui, ici. C'est une ferme ici? Oui oui, promis c'est une ferme !". En regardant d’un autre œil leur ferme, force leur fut de reconnaître qu’ils ne l’auraient pas trouvé avec ce même descriptif, même en habitant les environs.

En arrivant aux environs d’Heraklion, Manolos de Zaros les invita au mariage de son fils, en septembre. Ils sortirent de la voiture avec une petite bouteille de limonade qui ne contenait absolument rien de gazeux. En lieu et place de la boisson sucrée, se trouvait le raki étonnement odorant préparé par le nouveau retraité.

De Vrysses à Rethymnon, Markos leur apprend la liberté de l'île de Gavdos et leur offre leur première leçon de grec.

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